Les oculaires
La finesse de l'image observée dépend en grande partie de la qualité de l'oculaire utilisé. Les instruments courants sont souvent livrés avec 2 ou 3 oculaires de qualité moyenne. Vous avez intérêt à les compléter ou à les remplacer par d'autres plus performants. Un très bon oculaire peut littéralement "magnifier" un instrument !
Le coulant
Il s'agit du diamètre extérieur de la jupe de l'oculaire, et donc, du diamètre intérieur du porte-oculaire.
Il existe 3 diamètres pour le coulant des oculaires :
- 24.5 mm (0.9683") : diamètre japonais
- 31.75 mm (1.25") : diamètre américain, c'est le plus courant
- 50.8 mm (2") : diamètre américain, pour les instruments les plus puissants
Chaque intrument (lunette ou télescope) n'accepte qu'un seul coulant. Cependant il existe des bagues qui permettent d'observer avec des oculaires dont le coulant est différent de celui d'origine.
La focale
C'est d'elle que va dépendre le grossissement obtenu (voir "Grossissement"). C'est le nombre qui est inscrit sur l'oculaire (exprimé en mm).
Il faut une gamme d'oculaires avec des focales différentes pour avoir une gamme de grossissements différents.
Les oculaires parfocaux
Il existe des oculaires "parfocaux". Si vous en possédez plusieurs de ce type, vous n'avez presque pas besoin de refaire la mise au point à chaque fois que vous en changez.
La qualité
La ou les lettre(s) inscrite sur l'oculaire détermine la qualité de l'optique de l'oculaire (voir l'image plus haut avec l'oculaire de type Super Plössl). Les meilleurs oculaires sont les orthoscopiques ou mieux ceux du type Plössl, à très grand champ apparent.
Voici une liste des types et des qualités correspondantes :
Qualité ordinaire :
H, HM, R, SR
Qualité moyenne :
AH, K, MA, SMA
Très bonne définition :
OR ou Orthoscopique
Haute définition :
OR HD ou Orthoscopique haute définition
PL ou Plössl
Eudiascoptique
Super Plössl
Très haute définition :
Panoptic
AVW ou Lanthanum
Grand champ à haute définition :
Nagler
Nagler 2
Wide Field
SWA ou Super Wide Angle
UWA ou Ultra Wide Angle
Le grossissement
Plus le grossissement augmente, plus l'utilisation de l'instrument devient difficile. Mieux vaux une image petite et bien "piquée" qu'une grosse image floue et sans contraste.
Méfiez-vous donc des grossissements très importants annoncés sur certains catalogues : ils sont inutilisables.
Généralement, 3 oculaires peuvent suffire à couvrir les besoins de l'astronome amateur.
Comment calculer le grossissement
Le grossissement se calcule de la manière suivante :
grossissement = focale de l'appareil / focale de l'oculaire |
Exemple : pour un appareil dont la focale est de 900 mm équipé d'un oculaire de focale 20 mm. Le grossissement est de : 900 / 20 = 45 X.
Indiquer la focale de votre intrument et de votre oculaire
pour calculer le grossissement |
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Le grossissement minimum
C'est celui qui est le plus lumineux et qui offre le maximum de champ. La focale de cet oculaire est souvent de 40 mm. Cet oculaire est celui qui sert à pointer les objets.
Le grossissement moyen
C'est celui que l'on utilise pour observer la Lune en entier et pour l'observation des amas, galaxies et nébuleuses. C'est l'oculaire dont la focale est égale à 3 fois le rapport d'ouverture.
grossissement moyen = rapport f/D * 3 |
Exemple : pour un télescope de focale 900 mm et de diamètre 114 mm. Le rapport f/D est de 900 / 114 = 8 (environ). L'oculaire donnant le grossissement moyen a donc une focale de 8 * 3 = 24 mm.
Le grossissement utile
C'est celui que l'on choisit pour observer les détails à la surface de la Lune ou des planètes. Il est donné par un oculaire dont la focale est comprise entre f/D * 1,5 et f/D * 0,7.
rapport f/D * 0,7 < grossissement utile < rapport f/D * 1,5 |
Exemple : pour un télescope de focale 900 mm et de diamètre 114 mm. Le rapport f/D est de 900 / 114 = 8 (environ). Les oculaires donnant le grossissement utile sont compris entre 8 * 0,7 = 5,6 mm et 8 * 1,5 = 12 mm.
Le grossissement maximum
Indispensable pour séparer les étoiles doubles et, lorsque la turbulence est faible, pour la Lune et les planètes. La focale de l'oculaire qui donne le grossissement maximum utilisable se calcule en multipliant par 0,5 le rapport d'ouverture (rapport f/D).
grossissement maximum = rapport f/D * 0,5 |
Exemple : pour un télescope de focale 900 mm et de diamètre 114 mm. Le rapport f/D est de 900 / 114 = 8 (environ). L'oculaire donnant le grossissement maximum utilisable a donc une focale de 8 * 0,5 = 4 mm.
Le champ
Il existe deux types de champ : le champ apparent (propre à chaque oculaire) et le champ réel qui est en fait la portion du ciel visible dans l'oculaire (qui dépend du champ apparent et du grossissement).
Champ apparent
Le champ apparent (CA) est propre à chaque oculaire. Il est généralement compris entre 30° et 55°. Il existe aussi des oculaires Grand Champ dont le CA peut atteindre 84°. Plus le CA est large, meilleur est le confort d'utilisation, notamment pour des objets de grand diamètre apparent comme la Lune ou les nébuleuses.
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Oculaire de 25 mm avec 50° de champ apparent |
Oculaire de 25 mm avec 30° de champ apparent |
Champ réel
Le champ réel est la portion de ciel que l'on peut voir à travers un oculaire. Il dépend du CA de l'oculaire et du grossissement. Pour le calculer, il suffit de diviser le CA par le grossissement.
Champ réel = champ apparent de l'oculaire / grossissement |
Exemple : pour un oculaire de 20 mm et de CA = 35° monté sur une lunette de focale = 800 mm. Le grossissement est de : 800 / 20 = 40 X. Le champ réel est donc de 35° / 40 = 0,875° soit 52,5'. Pour donner un ordre de grandeur, la Lune a un diamètre apparent de environ 1/2 ° soit 30'. Dans ce cas précis, on pourra voir la Lune en entier dans le champ de l'oculaire.
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Auteur : Didier Walliang Date de création : 09/04/01 Date de modification : 19/05/01
Source : Le catalogue du matériel de "La maison de l'astronomie", "Astronomie, mode d'emploi" (BORDAS) et "Astronomie Pratique" (HACHETTE)
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